Les Epaves

Le Dragon

Construit en 1920, ce croiseur léger de 4.850 tonneaux  transformé en croiseur anti-aérien en 1943 est versé dans la marine polonaise et participe activement le 6 juin 1944 à la défense des plages de SWORD BEACH (Ouistreham).

Il quitte Clyde le 2 juin 1944, unité de force B avec la WARSPITE et un destroyer d’escorte. Ils arrivent à SWORD BEACH le 6 juin 1944 à 2H00 du matin pour assurer la défense côtière. Les deux jours suivants ils attaquent les batteries de Calleville-sur-Orne, Trouville et Caen ainsi que les concentrations de tanks allemands. Le DRAGON rentre à Portsmouth le 7 juin pour refaire le plein de carburant, de munitions et de vivres pour son équipages de 450 hommes. Le 8 juin 1944, il retourne sur la zone de SWORD BEACH et attaque les batteries de Houlgate et continue d’assurer la surveillance des navires ravitailleurs. Ce même jour, il est torpillé à 4h30 par un sous-marin de poche allemand de type « Marder ».

Le jour suivant, il est remorqué mais est trop endommagé pour être à nouveau réparé. Trois jours plus tard, le navire est remorqué à sa position actuelle et coulé pour faire partie du brise-lames « Gooseberry n°5 » devant Ouistreham.

Aujourd’hui, ce croiseur de 472 pieds de long se trouve approximativement à 8 miles au nord de Ouistreham, par 18 mètres de fond. L’épave du DRAGON fait environ 6 mètres de haut. Il reste les chaudières et une tourelle se trouvant sur le sable vers le milieu du bateau.

Prairial

Construit en 1908 à Cherbourg le sous-marin Prairial mesurait 52m de long. Il était propulsé en surface par deux machines à vapeur de 350 cv. Il emportait 7 lance-torpilles et 26 hommes d’équipage….

Le Prairial sort de la rade du Havre le 29 avril 1918… Il se dirige pour manoeuvres vers les eaux britanniques. Suite à une incompréhension dans une mer formée il sera éperonné par tribord avant.

Bilan 7 survivant et 19 disparus sur les 26 hommes à bord ce jour là.

Plus tard l’épave sera retrouvée et balisée par une bouée. En mai 1918 un dirigeable repère la bouée et la confond avec le sillage d’un sous-marin. Il largue des grenades qui endommagent l’arrière de l’épave mettant fin à tout espoir de renflouage.

Le Durban

Une partie de la réalisation de l’opération Overlord passait par la réalisation de ports artificiels et de rades permettant l’abri des navires de ravitaillement en hommes et matériel. Si le port d’Arromanches est resté célèbre par ses pontons encore présents, il ne reste pas de signes visibles de la rade qui fut créée devant la plage de Sword (Lion/Luc), Quelques bouées marquent des « croches » un peu plus importantes que d’autres : celle de Lion signale le Derrycunihy; le Courbet possède la sienne devant Hermanville et celle de Lion marque la position du Durban…

Comme beaucoup d’autres le Durban fut amené dans l’unique but de servir de défense maritime (nom de code Corncobs) et la création d’un abri artificiel (nom de code Gooseberries) Chacune des cinq plages de débarquement devait posséder son propre abri, Leur réalisation nécessitera la préparation de 56 cargos et de 4 navires de guerre dont le Courbet et le Durban. Ces bâtiments stationnés à Olan étaient spécialement préparés pour couler en 20 minutes : des charges placées à 1 mètre sous la ligne de flottaison explosaient des que le navire était dans la position requise, Les superstructures restées hors de l‘eau grâce à la faible profondeur, pouvaient encore servir quelques temps.

Le Durban était un croiseur léger de 4850 tonnes, d’une longueur de 472 pieds pour une largeur de 46 pieds, il quitta Poole à 16 heures le 6 juin 1944 et arriva sur site le 09 juin pour être sabordé et prendre sa place dans le Gooseberries numero 5.

Aujourd’hui le Durban est signalé par la bouée cardinale de Lion sur mer située 5 miles au nord-est de Ouistreham. C’est une plongée facile qui peut réserver de bonnes surprises.

Le Northgate

Le Niobé

Le 11 juin 1940 au Havre c’est la débacle, la ville est bombardée par l’aviation allemande, les raffineries sont en flammes les réfugiés fuient devant l’avancée allemande, beaucoup veulent traverser l’estuaire de la Seine. Trois navires sont amarrés quai Joannes Couvert, le Paramé, le Syrie et le Niobé.

Le Niobé de la Société Navale Caennaise, vapeur de 79m de long construit en 1920 a été réquisitionné par l’armée il est chargé de tonnes de munitions et de vivres qu’il devait aller décharger à Dunkerque. Mais Dunkerque est encerclé, il arrive donc au Havre mais il est impossible de décharger la cargaison car les dockers ne travaillent plus. Il est alors décidé de faire appareiller le Niobé pour un port situé de l’autre côté de l’estuaire, vraisemblablement Caen. Dans le plus grand désordre des centaines de personnes embarquent sur le Niobé qui va quitter Le Havre entre 14h30 et 15h.

Vers 17h le Niobé est bombardé par deux avions allemands, ou quatre selon d’autres témoignages, une énorme explosion coupe le navire en deux, il coule rapidement. Il n’y aura que 11 survivants, 7 passagers et 4 membres d’équipage; tous blessés ils seront recueillis par le Cotentin et débarqués le soir à Ouistreham. Le nombre des disparus est difficile à évaluer, il semblerait qu’environ 800 personnes soient embarquées au Havre, mais le Niobé aurait déjà eu à bord à son arrivée entre 300 et 400 personnes dont des juifs belges et hollandais. Bien que des recherches aient eu lieu rien ne peut être vérifié, et la présumée présence à bord de diamantaires belges et hollandais alimenta pendant longtemps la rumeur selon laquelle le naufrage du Niobé aurait dispersé au fond de la mer un « trésor de diamants ».

La partie arrière du navire étant la seule ayant partiellement résisté à l’explosion. La cheminée est couchée en un seul morceau sur ce qu’il reste des superstructures, l’hélice de rechange sur la dunette, le site est jonché de nombreuses munitions de divers calibres.